Trop souvent, les professionnels du secteur hippique ont tendance à considérer comme "normaux" les accidents et à ne mettre en cause que le cheval. Or, il existe de multiples facteurs de risques dans un haras. En regroupant l’ensemble de ces déterminants, des pistes d’actions apparaissent et peuvent être regroupées selon cinq domaines.
La conception des haras
Lors de l’aménagement ou de la conception d’un nouveau haras, une réflexion approfondie est nécessaire. Quelle distance les salariés vont-ils accomplir pour aller d’un point à un autre ? Plus les déplacements sont longs et importants, plus la fatigue s’installe et plus le risque d’accident est multiplié. Y-a-t-il un lieu dédié à toutes les activités et notamment au débourrage ? Les espaces fermés, boxs, couloirs des écuries, douches sont-ils suffisamment larges pour qu’une personne puisse s’écarter si l’animal prend peur ? Les équipements sont-ils adéquats pour que le salarié n’ait pas de gestes trop difficiles ou trop répétitifs à réaliser ? L’ouverture des portes de boxs génère, par exemple, des pathologies au niveau du dos car la fermeture en partie basse oblige à se courber. Or, ce geste est répété par un lad 20 fois par jour pour chaque cheval dont il a la charge. Un équipement avec des verrous à pied ou à ouverture basse et haute centralisée peut permettre de réduire les mauvaises postures.
Les équipements de travail
L’absence de matériel adéquat génère trop souvent des positions inappropriées et met en danger l’être humain. Il est nécessaire de vérifier la capacité et la vétusté des matériels. La politique du "tout par terre" est à proscrire. Il est recommandé de prévoir les équipements adaptés pour travailler à hauteur d’homme : porte-selles, chariots, rangements en hauteur… Le matériel "valet de ferme" rend le travail de curage des boxs moins pénible. Les barres de contention lors des consultations vétérinaires et des inséminations peuvent limiter les risques pour la personne qui tient l’animal et l’intervenant. Enfin, un van à pont latéral semble diminuer l’appréhension du cheval.
L’organisation du travail
Le collectif de travail composé par les salariés intervenant ensemble dans un secteur (cour, élevage, entraînement…) est un élément important permettant de réduire les risques professionnels au quotidien. Toute modification risque de perturber ce collectif.
Certaines activités sont particulièrement dangereuses : récolte de la semence, monte naturelle, débourrage… Des personnes spécialisées dans ces activités savent minimiser les risques.
Une bonne gestion des hommes et des chevaux est également indispensable. Caractère des animaux, durée et pénibilité du travail, ordre des tâches à accomplir, moyens de communication sont à étudier de près.
La formation des chevaux
Apprendre et sensibiliser le cheval à toutes les situations dangereuses dès son plus jeune âge et durant toute sa vie est la condition sine qua non pour éviter les accidents dus à des réactions intempestives.
La formation des hommes
Pour être performants, les chevaux s’entraînent. Il en est de même pour les hommes. Dès l’apprentissage, il leur faut apprendre les règles de sécurité à respecter avec un cheval et à observer les animaux. Ils doivent ensuite connaître les habitudes propres au haras les employant. Enfin, une remise à niveau et l’apprentissage de nouvelles techniques tout au long de la vie sont indispensables.
* CPHSCT : Commission paritaire de sécurité et des conditions de travail
* Anact : Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail
Un CD indiquant statistiques, risques et solutions, présentés sous forme de vidéos, est disponible auprès de l’Anact de Basse-Normandie, de la CPHSCT d’Alençon. Vous pouvez également le demander à la MSA au 02 33 31 42 35.