Les travaux d'entretien ou de rénovation sur les toitures sont dangereux et exposent les personnes qui les réalisent à un fort risque de chute. Ceci est d'autant plus vrai que certaines parties des toits de bâtiments agricoles sont réalisées en matériaux fragiles : verre, plastique, fibrociment... Pourtant, la législation définit des mesures et des obligations à respecter.
Pour les constructions neuves
Lors de la construction et de la réalisation de constructions neuves, le maître d'ouvrage, le maître d'oeuvre et le responsable de la sécurité sont garants des mesures de prévention mises en place.
Ils sont également tenus de remettre au propriétaire du bâtiment un dossier de maintenance et un autre des interventions ultérieures sur l'ouvrage (DIUO). Ces documents lui indiquent :
- les conditions de mise en place des filets de protection, des garde-corps,
- les points d'arrimage,
- les chemins de circulation permanents à emprunter...
Pour les bâtiments existants
Les travaux d'entretien ou de rénovation peuvent être réalisés par plusieurs personnes : le chef d'exploitation, un de ses salariés ou une entreprise extérieure.
Le chef d'exploitation, dans le cadre de l'évaluation des risques professionnels doit :
- répertorier dans le document unique les zones de couverture en matériaux fragiles, les matérialiser et les signaler partout où un accès est possible (échelle, trappe, baie, balcon...),
- disposer du matériel pour les accès occasionnels (escaliers, échelles...) et, lorsque les interventions sont répétitives, prévoir des cheminements sur passerelles équipées de garde-corps.
Avant de monter sur une toiture, il faut absolument assurer l'échelle, en la fixant, par exemple, aux premiers tirefonds accessibles, par un système de crochets et de cordelettes. La prise d'appui direct sur les plaques de couverture est à proscrire. Il est indispensable d’utiliser un équipement permettant de répartir le poids du corps sur plusieurs pannes.
Les chemins de circulations peuvent être constitués de planches de bois pleines ou de contreplaqué équipé de chevrons antidérapants, en butée sur des tirefonds légèrement desserrés, pour les empêcher de glisser. Il en existe également en aluminium.
Pour se déplacer, il convient de prévoir un chemin de circulation de plus que le nombre de personnes présentes sur le toit.
Les échelles de couvreur n'offrent pas une garantie suffisante. Elles sont conçues pour être posées sur de la volige, et n'empêcheront pas de passer à travers une plaque, entre deux barreaux. S'il est possible de disposer de points d'ancrage fiables, le port d'un dispositif anti-chute à enrouleur de câble s'avère très judicieux.
Si les travaux sont réalisés par une entreprise extérieure, celle-ci s'engage à reconnaître, au préalable, les lieux et à respecter les mesures du plan de prévention réalisé conjointement avec le propriétaire.
Les toitures en fibres-ciment
Monter sur une toiture en fibres-ciment est particulièrement risqué.
Il existe plusieurs générations de plaques ondulées en « fibro ». Celles conçues avant 1988 sont particulièrement fragiles, car sans feuillard. A compter de 1988, elles peuvent en avoir ou non. Autre point important : les plaques fabriquées avant 1997 contiennent de l'amiante. Leur manipulation est donc soumise à des règles très strictes.
Quelle que soit leur date de fabrication, si une intervention est à effectuer sur la toiture, la vigilance s'impose. En effet, les plaques sans feuillard sont très fragiles.
D'autre part, certaines plaques récentes peuvent montrer des défficiences. Si vous constatez :
- l'apparition de fissures ou de fractures, généralement le long des ondes ayant reçu une fixation ou perpendiculaires au sens d'écoulement de la pluie,
- le développement de moisissures sous forme de tâches de couleurs variées (noir, vert, rouge...) ou des traces permanentes d'humidité en sous-face,
soyez particulièrement vigilant. En aucun cas, ni vous, ni l'un de vos salariés ne devez monter sur le toit.
En cas de doute, prenez contact, dans les meilleurs délais, avec le constructeur. Envoyez-lui par écrit une réclamation en recommandé pour qu'il vienne constater les dégradations lui-même. Il décidera alors, avec vous, de la conduite à tenir.
Si vous avez réalisé vous-même la construction, faites directement appel à votre fournisseur, factures à l'appui, en concertation avec votre assureur.
Dans tous les cas, l'accès et l'intervention sur les toitures en matériaux n'offrant pas une résistance suffisante doivent se faire dans le respect de ces règles et de la réglementation en vigueur.
Outre les conséquences humaines désastreuses, le non respect des dispositions légales expose les responsables, notamment les maîtres d'ouvrage, à des sanctions pénales et des poursuites civiles.
Un accident = cinq fois le prix de la toiture
Passer à travers une toiture ou tomber d'un toit engendre des séquelles irréversibles. Au-delà de ces dommages, un accident grave coûte cher, environ 80 000 euros, soit le prix de la réalisation d'une couverture en fibrociment. En cas de décès, ce coût est multiplié par cinq, hors faute inexcusable et sans le versement d’amendes ou de dommages et intérêts.
Bien choisir ses plaques en fibres-ciment
Avant d'acheter vos plaques, assurez vous qu'elles portent la marque « NF» associée à un avis technique favorable du CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment). C'est le seul moyen d'avoir la certitude d'employer des produits de fiabilité reconnue.
Les plaques contenant des fibres PVA présentent, dans leur ensemble, un bon niveau de qualité. Les principaux fabricants qui utilisent cette fibre intègrent également à leurs produits des éléments de renforcement (feuillards, brins, filaments...). C'est une caractéristique indispensable.